Vous avez payé le site. Vous croyez donc qu'il est à vous. Dans un nombre de cas surprenant, ce n'est pas le cas — et on le découvre au pire moment.
Le scénario, toujours le même
Une entreprise fait faire son site. Tout se passe bien pendant deux ans. Puis elle veut changer de prestataire — parce qu'il ne répond plus, parce qu'elle a trouvé moins cher, ou simplement parce qu'elle grandit.
Elle découvre alors que le nom de domaine est enregistré au nom du prestataire, sur un compte auquel elle n'a pas accès. À partir de là, tout dépend de la bonne volonté d'un tiers. Parfois le transfert se fait sans difficulté. Parfois il se négocie. Parfois le domaine expire pendant la discussion et le site disparaît.
Ce n'est pas rare, ce n'est pas toujours malveillant — souvent c'est simplement plus commode pour le prestataire de tout mettre sur son propre compte — mais les conséquences sont les mêmes.
Ce que vous perdez vraiment
Pas seulement une adresse. Le nom de domaine porte :
- Votre référencement. Des années d'ancienneté accumulée sur Google, perdues si vous devez repartir sur une autre adresse.
- Vos adresses e-mail professionnelles. Si elles sont sur le domaine, elles s'arrêtent avec lui.
- Tous vos supports imprimés. Cartes de visite, enseigne, véhicules, flyers : l'adresse y est écrite.
- La confiance de vos clients. Un site qui tombe sans explication, c'est une entreprise qu'on croit fermée.
Comment vérifier en deux minutes
Deux vérifications suffisent, et vous pouvez les faire aujourd'hui :
- Demandez les accès au compte où le domaine est enregistré. Pas une capture d'écran : les identifiants, ou au minimum un accès de gestion à votre nom. Un prestataire honnête les donne sans discuter.
- Cherchez les informations publiques du domaine avec un service de type « whois ». Le titulaire y est parfois masqué, mais l'hébergeur et la date d'expiration sont visibles. Notez cette date : c'est elle qui vous mettra en difficulté si personne ne la surveille.
Ce qu'un contrat correct doit dire
Trois phrases suffisent, et elles doivent figurer par écrit — dans le devis, la facture ou la fiche de remise :
- Le nom de domaine est enregistré au nom du client, qui en est le titulaire.
- Les identifiants du domaine et de l'hébergement lui sont remis à la livraison.
- Le client peut transférer l'ensemble chez un autre prestataire à tout moment, sans frais ni autorisation.
Si un prestataire refuse d'écrire ça, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Et s'il l'écrit spontanément avant que vous ne le demandiez, c'est un bon signe.
L'hébergement, le même problème en moins visible
Le nom de domaine est votre adresse ; l'hébergement est le terrain sur lequel le site est posé. Les deux peuvent être chez des prestataires différents, et les deux doivent être à votre nom.
Un cas fréquent : le domaine est bien au nom du client, mais le site vit sur le compte d'hébergement du prestataire, mélangé à trente autres sites. Le client possède l'adresse mais pas les fichiers. Le jour du départ, il récupère une adresse qui ne pointe vers rien.
Demandez donc les deux : les accès au domaine et les accès à l'hébergement, ou au minimum une copie complète des fichiers du site. Un prestataire correct vous la fournit sans discuter — c'est votre travail, vous l'avez payé.
Et si le mal est déjà fait ?
Si vous découvrez aujourd'hui que votre domaine n'est pas à votre nom, ne paniquez pas et ne rompez pas brutalement. Procédez dans cet ordre :
- Demandez le transfert par écrit, calmement, sans accusation. Dans la majorité des cas, ça se passe bien : personne n'a intérêt à un conflit.
- Notez la date d'expiration du domaine. C'est votre vraie contrainte de temps.
- Sauvegardez ce que vous pouvez en attendant : textes, photos, coordonnées de vos clients.
- Si le blocage persiste, sachez qu'un domaine expiré redevient disponible après un délai — mais que quelqu'un d'autre peut le prendre. Mieux vaut négocier que d'attendre.
Et pour la suite : exigez la clause écrite dès le premier devis. C'est trois lignes, et ça vous évite tout ce chapitre.
Le cas particulier de la fiche Google
Le même problème existe, en moins connu, avec la fiche Google Business. Elle est souvent créée par le prestataire avec son propre compte Google.
Demandez à en devenir propriétaire une fois la vérification terminée. Le prestataire peut rester gestionnaire pour continuer à vous aider — c'est même préférable — mais le propriétaire, ce doit être vous.
Pourquoi nous en faisons un engagement écrit
Parce que c'est ce qui distingue un prestataire d'un fournisseur dont on dépend. Un client qui peut partir librement et qui reste quand même est un vrai client.
Sur chaque projet que nous livrons, le domaine est enregistré au nom du client, les accès lui sont remis à la livraison, et c'est écrit sur la fiche de remise qu'il signe.
Le domaine est à votre nom, c'est écrit
Sur toutes nos offres, sans exception, et vous pouvez partir avec quand vous voulez.
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